C’est quoi la trésorerie ? Et à quoi ça sert ?

Aaaaah, la fameuse « trésorerie ». C’est le nerf de la guerre, tout le monde en parle partout en mettant en avant son importance, mais finalement, c’est quoi, à quoi ça sert ? Et dans le cas de la microentreprise, doit-on vraiment en avoir une ?

Parce que bon, en microentreprise il n’est pas nécessaire d’avoir un comptable. Alors, tu dois te débrouiller pour gérer tes finances… Pas de panique, dans cet article je t’explique tout. C’est parti !

 

Une courte définition s’impose :

Commençons par le commencement afin d’être sûre qu’on se comprend : c’est quoi de la « trésorerie d’entreprise » ?

Définie comme « Le total des sommes disponibles dans une organisation », c’est la somme des mouvements nets de votre compte bancaire, encaissements moins décaissements. Si les encaissements sont supérieurs, vous aurez généré de la trésorerie, sinon vous en aurez perdu.

On peut différencier le flux de trésorerie (somme de mouvements qui s’observe sur une période donnée) du stock de trésorerie (qui s’observe à une date donnée).

Ici, on parlera majoritairement du stock. Son utilité est multiple mais une chose est sûre : plus on en a, mieux c’est !

 

La trésorerie à quoi ça sert ?

Ça peut effectivement paraître un peu nébuleux au premier abord, mais en fait c’est fondamental. Les frais cachés, ça n’existe pas quand on gère correctement sa boîte !

 

Payer tes charges.

« Lucile, comment ça marche ? Comment je sais si la microentreprise est adaptée à ce que je fais ?« 

Je le répéterai jamais assez mais seul un prévisionnel peut te dire techniquement si la microentreprise sera adaptée à ton projet et à ta situation. Ne fais pas l’erreur de rester en microentreprise si ce n’est pas adapté, ça pourrait te coûter cher…

Par exemple si tu fais de la prestation de service, sache qu’au total, tes charges ne doivent pas dépasser 34% de ton chiffre d’affaires annuel.

Alors pour faire le point, je te donne juste après une liste non exhaustive des charges que tu peux avoir avec ton entreprise.

 

  • Les charges professionnelles et la TVA =

Le principe : En tant que microentrepreneur, tu es soumis au régime fiscal de la microentreprise et tu es imposé sur ton chiffre d’affaires ou tes recettes et non sur ton résultat (qui est égal au chiffre d’affaires moins les charges pour les autres statuts professionnels). Tu ne peux donc pas déduire tes charges professionnelles.

Aussi, désolée par avance, mais tu ne récupères pas non plus la TVA sur tes achats.

Attention, ce n’est pas parce que tu ne peux pas les déduire que tu ne dois pas les calculer ! Il est probable que tu en aies et c’est important que tu saches quel est leur montant, leur récurrence etc.

Tips : si tu as du mal à déterminer si une dépense est une charge ou non, demande-toi : « Est-ce que si je n’avais pas cette entreprise, j’aurais quand même effectué cette dépense ? ». Si la réponse est non, alors c’est une charge !

 

  • Les frais de débours =

À l’inverse, les frais de débours tu peux les déduire de ton chiffre d’affaires !

Ce sont les frais engagés par le prestataire au nom et pour le compte de son client. Ils constituent donc une avance de trésorerie de ta part pour le compte de ton client qui te les remboursera sur présentation d’une facture faite à son nom par tes soins lors de l’achat.

Comme ils ne sont pas comptabilisés dans ton chiffre d’affaires, tes cotisations seront revues à la baisse et ils ne seront pas non plus compris dans ta base d’imposition.

 

  • Cotisations sociales (ou charges sociales) =

J’entends beaucoup d’entrepreneurs se plaindre de payer trop d’impôts, en parlant de cotisations sociales… et j’avoue que ça fait trop souvent disjoncter mon cerveau ! Donc je profite de cet article pour faire un point sur ce que sont, finalement, les fameuses cotisations sociales.

Ce qu’elles comprennent : assurance maladie, maternité, allocations familiales, invalidité ou décès, retraite de base et complémentaire, CSG et CRDS.

Paiement : Tu paies tes cotisations sociales tous les mois (ou tous les trimestres selon ce que tu as choisi) en fonction du chiffre d’affaires que tu as déclaré. Ces cotisations, tu les payes sur le site de l’URSAFF. Sache que les cotisations sociales en microentreprise sont les plus basses par rapport aux autres statuts (SAS, EURL, etc.) et que le gros avantage c’est que si tu n’encaisses pas de chiffres d’affaires pendant une période eh bien tu n’auras pas de cotisations sociales à payer pour celle-ci. Rassurant, pas vrai ?

J’en ai d’ailleurs fait un mantra : « Si tu ne déclares pas, tu ne cotises pas, donc ne te plains pas » 😉

 

  • Les charges fiscales (tes impôts) =

On arrive à la fameuse partie sur tes impôts en microentreprise. N’aie pas peur, c’est en fait assez simple.

Calcul : ton imposition est faite ainsi : chiffre d’affaires déclaré (et donc encaissé) déduit de l’abattement forfaitaire (qui dépend de ton activité).

Date de paiement : tu payes tes impôts une fois par an en même temps que ta déclaration de revenus. Tu as d’ailleurs la possibilité d’opter pour le versement libératoire pour payer tes impôts en même temps que tes cotisations. 

Note sur le Versement Fiscal Libératoire : c’est une option que tu choisis lors de la création de la microentreprise, qui te permet de déclarer mensuellement ou trimestriellement (comme le chiffre d’affaires encaissé) ton impôt. C’est pratique, mais pas intéressant si tu n’es pas redevable de l’impôt, donc réfléchis-y AVANT et en fonction de ton prévisionnel.

 

Anticiper les fluctuations de chiffre d’affaires et les éventuelles périodes creuses.

Je ne t’apprends sûrement rien en te disant que les clients « ça va, ça vient » et que donc très souvent le chiffre d’affaires des microentrepreneurs varie d’un mois à l’autre. C’est là qu’avoir une bonne gestion de ta trésorerie va vraiment tout changer

Ah et aussi, sur une note plus positive, avoir une trésorerie bien gérée va également pouvoir te permettre de te rémunérer pendant que tu prends des vacances bien méritées ! Et ça, c’est tout aussi primordial.

 

Financer tes formations.

Eh oui, avec l’enthousiasme de la création d’entreprise, vient souvent l’envie de t’acheter des formations dans tous les sens. Or, en business, il est important d’apprendre à « investir » et non pas « acheter ». Je vois trop d’entrepreneurs acheter des formations qu’ils n’utilisent pas, et je trouve ça dommage ! D’une part car le créateur n’a pas fait une formation pour qu’elle ne soit pas utilisée, et d’autre part car c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Et personne n’aime jeter de l’argent par les fenêtres.

Donc prends le temps de choisir une formation pertinente pour ton business ! Et surtout, provisionne-la dans un budget annuel ! Essaie de toujours prendre un temps de recul pour ne pas dépenser dans tous les sens mais plutôt faire un plan de formation cohérent avec tes besoins.

 

Pouvoir investir au bon moment, de manière échelonnée et stratégique.

Afin d’avoir une vision globale de ta trésorerie, je te suggère d’avoir un tableau de « reporting financier » et de faire un reporting mensuel de ton chiffre d’affaires et de toutes tes dépenses professionnelles. Ce tableau est complémentaire à ton prévisionnel financier qui est annuel.

Ce reporting mensuel est un super outil pour prendre du recul sur les mois qui filent à toute allure et pour vérifier que « tout est sous contrôle » pour la partie financière de ton entreprise.

 

Tu veux aller plus loin sur la mise en pratique ?

Voilà pour ma présentation de la trésorerie, ce que c’est et à quoi elle sert. J’espère que ça t’a éclairé sur tout ce qu’il faut prévoir quand on se lance en microentreprise.

Et si après cette lecture tu veux connaître toooooutes les bonnes pratiques à mettre rapidement en place afin d’alimenter régulièrement ta trésorerie et assurer une pérennité à ton entreprise, tu peux découvrir réserver une session de consulting afin qu’on fasse le point ensemble !